Ma cité va chanter

Biographie

L’auteur britannique Oscar Wilde écrivait qu’avoir les pieds dans le caniveau n’empêche pas de regarder les étoiles. Le projet MA CITÉ VA CHANTER, c’est exactement ça. C’est le désir de remettre l’espoir au cœur des choses. C’est la volonté inébranlable de dire que la réalité dessine un autre horizon, loin des jugements. Car depuis 40 ans, l’inconscient collectif regarde les quartiers périphériques et populaires sous un angle biaisé. Les quartiers. Le béton, les tours, la drogue, la violence et les avenirs brouillés. Les clichés pleuvent et le soleil peine à percer ce brouillard trompeur. Et pourtant…

Au départ de ce projet, il y a un homme. Kerredine. Auteur, compositeur, chanteur depuis ses huit ans pour dépasser sa propre timidité, et dont les chansons sont aujourd’hui étudiées à la prestigieuse université américaine de Stanford. Né à Argenteuil, de parents ouvriers tunisiens, qui ont connu les bidonvilles en France et la précarité extrême. Qui ont su, malgré la vie difficile, élever leurs enfants dans le respect et l’amour. Dans l’idée d’un lendemain possible. Sans division ni aigreur. Kerredine a enregistré plusieurs albums, a travaillé entre autres avec Tiken Jah Fakoly, Zaz, Amel Bent, Alonso… Il a écrit à l’été 2020 une jolie chanson, introduction idéale à ce projet ambitieux et inédit. Cette chanson, “Nos Rêves d’Enfant”, refuse la fatalité. Il faut s’accrocher à ses rêves. Ne jamais rien lâcher, y croire, encore, même quand les obstacles semblent infranchissables. Il tourne le clip dans le quartier de son enfance, à Argenteuil. Avec des enfants. Déclic. « Je me dis alors que je ne peux pas juste utiliser ces gamins pour mon clip, il faut que je fasse aussi un truc pour eux ! Que j’aille plus loin. Mon bonheur, il n’existe que dans le regard des autres, dans le bonheur des autres » dit-il. Kerredine a compris une chose essentielle : la Haine est à la portée de n’importe qui. L’Amour, lui, nécessite du courage et du cœur. Kerredine a choisi son camp. Il veut tendre la main, il veut donner sa chance, il veut ne jamais oublier le gamin qu’il était et l’homme qu’il est devenu. Il sait que s’il a su rêver plus haut, d’autres peuvent en faire autant. Ainsi est né le projet MA CITÉ VA CHANTER. 
MA CITÉ VA CHANTER n’est pas une compilation de musiques urbaines. Au menu, quatorze chansons universelles revisitées par de jeunes artistes anonymes des quartiers de France. Ils s’appellent Mourad (le jeune pianiste virtuose autodidacte des quartiers Nord de Marseille), Lummen Nae, Nassim, Oussama, Ikram, Soheib, Lyn, Nawelle, Ouidad, Lior, Bouchra, Chihab, Loïc, Tayah, Cyjah, Ismaël, Yan’Sine, Mey, Yunah. Et ils reprennent, en chantant, au saxophone, au piano ou à l’Oud, des standards de NTM, Alain
Souchon, Daniel Balavoine, IAM, Diane Tell, Starmania, Yannick Noah, Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, Khaled, France Gall, Rachid Taha…
Il s’agit ici de rappeler qu’en banlieue aussi, la variété, musicale et humaine, a son mot à dire. Il s’agit de dire qu’on peut être né du mauvais côté du périphérique et vouloir quand même devenir quelqu’un : un boulanger, un chirurgien, une cheffe d’orchestre, une maîtresse, un ingénieur et, pourquoi pas… un artiste. Beaucoup de jeunes issus de quartiers défavorisés veulent eux aussi vivre, exister, créer, construire. Kerredine a traversé inlassablement le pays, nord, sud, est, ouest, il est allé partout, a repéré sur le net des jeunes de Marseille, de Lyon, de Montpellier, d’ici et d’ailleurs. Travail dantesque, foi totale. Il n’a rien lâché. Il voulait des jeunes volontaires, qui ont l’envie d’avancer. 
Une fois le casting effectué, il s’est entouré d’une équipe de beatmakers (dont ceux de Gims, Booba, PNL…) et a enregistré le temps d’un week-end une chanson ici, une autre là. Le résultat est saisissant. Ce mélange de mélodies connues de tous et de sonorités urbaines, ces croisements de genres, cette capacité à dépasser les codes pour mieux unir les âmes offre aux chansons une fraîcheur imparable. On retrouve ces chansons indélébiles tout en les redécouvrant. Kerredine a voulu fédérer, dépasser les clichés, édifier une passerelle entre les époques et les générations, il refuse d’abdiquer, il avance, la tête haute et en chantant, bien sûr. La lumière plus que les ténèbres, toujours. 
MA CITÉ VA CHANTER ne sera pas qu’un simple album. Kerredine, à la fois grand frère et chef d’orchestre, en a déjà écrit la suite, sous la forme d’une comédie musicale. L’histoire ne fait que commencer.