Sopico

Nom de naissance

Sofiane

Naissance

Paris, Paris, France

Biographie

Au sein d'une époque où tout va trop vite, Sopico semble être de ces artistes qui refusent de courir après le temps. S'il aurait été tentant de surfer sur le succès de ses enregistrement unplugged, de sa session Colors en 2017 ou de YË, sorti en 2018 et salué par la presse (Télérama, Radio Nova, Les lnrockuptibles, etc.), le rappeur parisien a préféré marquer une pause, arrêter de composer et prendre un moment pour réfléchir à ses envies. « Même si l'aventure avec la 75e Session (Népal, Sheldon) était dingue, j'avais besoin de nouvelles expériences. » Une rencontre, artistique et humaine, va alors s'avérer déterminante.

Avec Maxim Nucci, alias Yodelice, une complicité est née, si bien que ce dernier lui propose de signer sur son label et l'invite à enregistrer dans son studio. 
Très vite, Sopico se remet au travail, et les idées suivent. En résulte Ëpisode 0, un EP cinq-titres à entendre comme le projet le plus ambitieux de Sopico. Celui où le rappeur du 18ème tient des paris forts, notamment au niveau des arrangements.  Car, si on retrouve avec plaisir son verbe lucide et sa façon d'envisager le rap comme un exutoire à ses pensées intimes, c'est bien son savoir-faire mélodique qui impressionne. 
Il y a déjà “Atterrir”, dont la progression rythmique, d'une formule presque acoustique à un déluge électronique, témoigne de velléités orchestrales assumées. Il y a aussi le planant “D'où je viens”, en équilibre constant entre simplicité et prouesses techniques, ou “Sans titre”, sorte de symphonie désabusée à la structure labyrinthique. Il y a enfin “Thème”, porté par un texte lucide, des audaces stylistiques et des arrangements qui, bien que débordant d'idées, se refusent à la démesure, aux fioritures. 
Salvatrice, cette quête d'inédits vient également confirmer l'ambivalence d'une plume capable de la plus sympathique légèreté (“Loin”, et ses inclinaisons caribéennes, tout en nuances et délicatesses) comme de la plus profonde noirceur : « Quand la vie s'évapore, tu ne peux pas la rappeler/J'ai des idées trop sombres, mon cœur parle à ma tête », rappe-t-il de cette voix qui semble charrier tant de mélancolie. 
La guitare, si essentielle à son geste créatif, est quant à elle toujours présente, délicate et prête à sublimer, discrètement ou non, ses réflexions, cette façon de sonder ses failles. Celles d'un acrobate du verbe, dont l'interprétation, toujours bien sentie, parfois chantonnée, a fini par séduire Damien Chazelle. 
Dans le cadre de sa nouvelle série (en mai 2020 sur Netflix), le réalisateur américain (La La Land, Whiplash) a en effet sollicité le talent de Sopico : « Être acteur a été une expérience extrêmement enrichissante. D'autant que cela m'a également permis de bosser avec des musiciens qui ont travaillé sur “Bad” de Michael Jackson ou les BO d'Harry Porter et Forrest Gump. » 
En attendant, c'est bien Ëpisode O qui captive l'attention avec un rap sensible, touchant car poétique, captivant car riche en propositions musicales. « La créativité est réellement au cœur de ce projet, précise-t-il, avant de rappeler qu'Ëpisode O n'est finalement qu'une étape au sein du long voyage qu'il est en train de façonner. J'ai pour volonté de construire un grand tableau, qui devrait être de plus en plus perceptible au fur et à mesure des projets. L'idée, c'est de raconter une histoire sur le long terme. »

Dernière Sortie

17 juil 2020

Sopico