Mat Bastard

Naissance

7 Novembre 1979, Belgium

Biographie

De son vrai nom Mathieu-Emmanuel Monnaert, Mat Bastard est né le 7 novembre 1979 à Bruxelles (Belgique). Il fait ses premiers pas dans le groupe Carving. Figure de proue de la scène punk du nord de la France, le groupe Skip the Use dont il devient le leader lui offre ensuite la possibilité d'exprimer son potentiel scénique. Exubérante, déchaînée, la formation aime mêler ses influences pop, rock, electro, funk ou rock avec une énergie tout à fait punk. Après avoir effectué de nombreuses scènes, dont des premières parties de Trust et Rage Against the Machine, le groupe participe à des festivals tels que le Main Square Festival ou Solidays au début des années 2010. Puis il publie un EP, un album et se distingue en 2013 en remportant la Victoire de la musique pour le « meilleur album rock de l'année ». Après un dernier album intitulé Little Armageddon (2014), Mat Bastard annonce dans le quotidien La Voix du Nord que le groupe se sépare en 2016. Il en profite aussitôt pour s'installer à Los Angeles et se lancer dans une carrière solo. Il publie dans la foulée un premier single intitulé « More Than Friends », qui précède de quelques mois la sortie d'un premier album baptisé Loov, paru en juin 2017.

Mat Bastard is alive and well - 
par Philippe Manœuvre

Pour la sortie de son premier album solo, “LOOV”, nous avons rencontré Mat Bastard.

« Mat Bastard ? »
On retrouve le garçon attablé dans un bistrot parisien, devant une assiette de frites… Il est seize heures. Mat arrive de Bretagne où il jouait hier. Tout de suite, la discussion roule sur Skip The Use. Mat confirme que le groupe n’existe plus et que personne n’envisage aucune reformation. Ses anciens partenaires jouent désormais sous un autre nom. Il faut donc tout vous dire. Car il s’est passé… plein de choses.
En résumé, Mat Bastard a découvert les Etats Unis d’Amérique. Un beau matin, Mat a débarqué à Los Angeles avec une compagne, deux fillettes et quatre valises. Et il a entrepris de tout reconstruire.
Vie d’expatrié, carrière bi-continentale, il vous raconte ça avec un sourire radieux, en dévorant ses frites. Et puis-je avoir un peu de ketchup s’il vous plaît ? Mat Bastard est un chanteur d’une amabilité consommée, et pourtant c’est un survivant du surf-metal-punk.
- A l’âge de 14 ans, raconte-t-il, j’envoyais au festival de Dour une cassette de NOFX dont j’avais arraché l’étiquette pour écrire dessus le nom de mon groupe, Carving. Les programmateurs ont écouté la cassette, trouvé ça pas mal (…) et on s’est retrouvé programmés à Dour, entre Mass Hysteria et Propain ! Grosse supercherie, escroquerie du rock’n’roll, mais Carving assure. 
Avec son groupe, Mat Bastard découvrait tout à la fois la vie, le punk et… la popularité dans son propre lycée. « Des Terminales avaient vu Carving à Dour, ils trouvaient ça grand, soudain je suis devenu instantanément cool, grâce au punk rock ».
Mat pratique son punk avec Carving de 1994 à 2007. La fondation de Skip The Use avec une autre équipe de musiciens a lieu en 2008. Sa dissolution en 2016. Un groupe dure rarement plus de sept ans. Demandez aux Beatles. Que croyez-vous qu’il fit ? Mat a rappelé ses vieux copains de Carving, Mike et Olive, des Lillois avec qui il fait de la musique depuis 1994.
« J’aurais pu avoir tous les musiciens de la terre, mais les gars de Carving, c’est ma famille… »
Mat Bastard est également devenu son propre producteur, profitant de son installation à LA, plaque tournante du business, pour ajouter des cordes à son arc. Travaillant dans son garage, puis en studio, Mat avance. Bosse avec des Australiens, Anglais, Allemands. Petit à petit, il se bâtit un réseau. S’installe à Malibu. Finit par se construire un petit studio.
- J’avais envie de remonter sur scène avec mes vieux potes punk. On est des fous. On a la même vision du rock’n’roll. On sait pourquoi on fait de la musique, et c’est pour faire passer des messages AUSSI. On n’est pas dans l’industrie du spectacle. Oui, j’ai eu des professeurs. J’ai été élevé par les Clash, Ramones, NoFX, Bad Brains, Rancid. J’aime les Bérus, Front 242. La musique, c’est super, mais c’est aussi un vecteur pour faire passer messages et émotions. Ou susciter la prise de position chez des gens. »
Le disque qui arrive aujourd’hui est le fruit de deux ans et demi d’écriture, de rencontres, d’aventures, de collaborations, de tentatives. L’album a un fil conducteur, de grands sujets sont abordés.
« C’est le disque que j’ai toujours voulu faire, cette fois j’ai tout mis » confirme Mat qui sait que la presse a besoin de ce genre de déclaration fracassante.
Sauf que là, en plus, c’est vrai. D’abord c’est un disque long. “Vivre Mieux” est la chanson la plus récente, la dernière écrite dans l’urgence et posée sur le projet, comme une arrière-pensée.
- J’ai travaillé avec des amis. Des potes avec qui je bosse à Los Angeles. Et puis sur “Lame People”, la nana qui rappe est une Allemande, Mehira Cruz, une fille que j’ai découverte sur la route avec Skip The Use. C’est une artiste que je trouve fantastique. Il y a cinq ans, je lui avais promis qu’on travaillerait ensemble à la première occasion… voilà c’est fait. Certains titres ont été faits en Suède, d’autres à LA. »
Retrouvant ses chers Carving, plus un jeune batteur de 18 ans, Pierrick, Mat Bastard a emmené sa petite troupe travailler aux Etats-Unis. Et notamment dans le studio de Dr Dre, à Santa Monica. Deux chansons sont nées là… dans le temple du Hip-Hop.
- Chez Dre, ils n’avaient pas vu de guitares électriques depuis des mois…. Mon idée, c’était de prendre des Français que je trouve extrêmement talentueux pour leur donner la chance d’être enfin en avant… »
Et puis comme on est à Hollywood, le cinéma est venu toquer à la porte de Mat. On parle du dessin animé Zombillenium qui représente la France en sélection officielle au Festival de Cannes.
Pour ce film, dans lequel il interprète le rôle d’un mythomane délégué du personnel Zombie dans un parc d’attraction diabolique, Mat a écrit trois chansons. Deux figurent sur l’album : “Rosemary” et “Stand As One”.
- Au final, un disque d’amitié, d’amour, amour du métier, du public, de nos idées. Et un titre fort pour tout ce projet : “LOOV (Love Each Other To The Death)”. J’ai passé ma vie à me battre, faire des doigts, mettre des coups de boule. Aujourd’hui, je dis les mêmes trucs, punk mais avec un grand sourire. Je suis heureux. Et tant pis pour ceux que ça énerve…
Mat boit de l’eau et s’est installé en terrasse pour pouvoir fumer. Les cigarettes ? Son seul vice apparent. Straight Edge comme son héros Henry Rollins, il ne boit pas, ne se drogue pas. La conversation aborde le grand sujet, le rock en France…
- N’empêche, essayer de faire du rock aujourd’hui, C’est un sacerdoce. Si tu veux faire de la thune, il y a autre chose, y’a le hip hop, l’électro, les duos pop… Mais bon, nous c’est du rock, écoute “Shout”, aucun doute, c’en est et pour saluer la sortie du disque, on a 35 dates à faire en France. Tous les festivals veulent nous voir… Du coup je me dis qu’on a un rôle aussi… »
Mat est heureux. Vivre au Etats-Unis, et surtout en Californie, a donné du recul à Mat. Sous les palmiers, le jeune chanteur pressé a appris à prendre le temps. Il revient en pleine forme. Il énumère les titres marquants sur son album
- “Shift The Control” est une chanson sur le lâcher prise. “Girls” parle de la féminité, des filles qui dirigent un business et veulent compter, être combattante en restant femme. “Tamachute” est une chanson sur la dépression, “Skylander” et “Lame People” parlent des gamins sauvés par le rock’n’roll. »
Et ça, Mat connaît bien : « A 11 ans, j’étais en sixième, habillé comme Bruce Dickinson de Iron Maiden sur scène ! Tout le monde se foutait de ma gueule… Mais j’y ai cru et aujourd’hui je suis là, avec mes potes… »
A douze ans il faisait Carving. A 14 ans, il jouait à Dour. Les modes passent, le style reste. Fièrement accroché à son idée du punk, Mat Bastard est parti pour rester. Avec ses potes.

Mat Bastard
“LOOV (Love Each Other To The Death)”
Parution le 16 juin 2017