Dirty Pretty Things

Naissance

England

Biographie

Séparé de son acolyte Pete Doherty, Carl Barât a su survivre à l'épisode The Libertines grâce à son nouveau groupe Dirty Pretty Things. Entre songwriting élégant et guitares fiévreuses, le quartet britannique glorifie le rock d’Albion que la déferlante électro fluo pensait déjà avoir enterré. Le groupe compte deux albums à son actif dont l'excellent Waterloo to Anywhere (2006), avant la séparation intervenue fin 2008.

Un an après la douloureuse séparation de The Libertines en 2004, Carl Barât, resté jusque là silencieux, annonce son intention de revenir sur le devant de la scène avec un nouveau groupe, Dirty Pretty Things. Nommé ainsi en référence aux soirées qu’il organise au Koko Club de Londres - soirées qui portent désormais le nom de Bright Young Things pour éviter toute confusion -, la formation naît officiellement en septembre 2005.

Des Libertins à Waterloo

Mené par Carl Barât (chant et guitare), Dirty Pretty Things est composé de musiciens déjà connus : le guitariste américain Anthony Rossomando, doublure de Pete Doherty lors de ses fréquentes absences au sein de The Libertines, Didz Hammond, ex-membre de The Cooper Temple Clause, et Gary Powell, ancien batteur de The Libertines.

Très attendu par les fans et les critiques - à l’époque, Pete Doherty a déjà formé Babyshambles et les regards sont alors tous tournés vers Barât -, le groupe, effrayé par le trop plein d’attention que lui porte les médias, choisit de traverser la Manche pour donner ses premiers concerts à guichets fermés en Italie et à Paris.

Signés sur le label Vertigo - Carl Barât ayant refusé les propositions de Rough Trade pour ne pas être dans la même maison de disque que son défunt groupe et Babyshambles -, les Dirty Pretty Things s’exilent à Los Angeles où ils enregistrent une partie de leur premier album en compagnie du producteur Dave Sardy (Oasis, The Dandy Warhols). Quelques mois plus tard, de retour en Europe, le groupe s’isole de nouveau en studio en Ecosse pour mettre la touche finale à Waterloo to Anywhere avec l’aide d’un second producteur, Tony Doogan (Belle and Sebastian, Mogwai), et donne un triomphal second concert parisien au Trabendo.

Sorti le 8 mai 2006, le premier album du quartette remporte un franc succès, se classant en troisième position des charts britanniques et obtenant la note de huit sur dix dans l'hebdomadaire musical anglais New Musical Express. Porté par le songwriting très anglais de Carl Barât, Waterloo to Anywhere réunit guitares acérées, percussions nerveuses et textes rageurs dans une production volontairement négligée qui rappelle l’ardeur de The Clash.

Union Jack

Après une tournée en Angleterre (où le groupe fait salle comble et déchaîne les foules à chacune de ses apparitions), les Dirty Pretty Things s’apprêtent à donner leurs premiers concerts aux Etats-Unis quand leur leader, en vacances, se brise la clavicule. Incapable de jouer de la guitare, Barât recrute Josh Hubbard, guitariste du groupe londonien The Paddingtons pour le remplacer. Le groupe assure sa série de concerts américains et ses prestations aux festivals européens (dont le parisien Rock en Seine), avec Josh Hubbard à la guitare et Carl Barât au chant, le bras en écharpe enroulé dans l’Union Jack britannique.

En octobre 2006 paraît Puffing on a Coffin Nail, DVD de deux heures trente réunissant des extraits de concerts et un documentaire sur l’histoire du groupe. Le même mois, Carl Barât joue aux côtés de l’ex-The Jam, Paul Weller, lors d’un festival organisé par la BBC.

Initialement prévu pour la rentrée 2007, le second album des Dirty Pretty Things est finalement repoussé à la suite de problèmes de production. Le groupe en profite alors pour multiplier les prestations live, et joue, durant l’été, en première partie des Red Hot Chili Peppers, de Muse et des Pet Shop Boys. En octobre, les quatre comparses apparaissent sur la compilation Love Music Hate Racism où ils donnent un premier aperçu de leur album à venir avec le titre « 9 Lives ».

En mai 2008, après de longs mois d’absence, Dirty Pretty Things donne un avant-goût de son second album en mettant en téléchargement gratuit sur son site officiel le titre « Hippy Son ». Intitulé Romance at Short Notice, probablement en référence à la phrase finale d’une nouvelle de l’auteur britannique Saki, et enregistré à Londres et Los Angeles, ce nouvel album témoigne de l’évolution du groupe vers un son plus propre, et s’éloigne de l’influence latente des Libertines. Moins nerveux que son prédécesseur, Romance at Short Notice rassemble des titres pourtant très rock (« Chinese Dogs ») et des ballades plus pop (« Faultlines », « Come Closer »), et voit Anthony Rossomando et Didz Hammond s’essayer au chant.

Quelques jours avant la sortie de l’album prévu pour le 30 juin 2008, alors que Dirty Pretty Things se prépare pour une nouvelle tournée au Royaume-Uni, Carl Barât est transporté d’urgence à l’hôpital où les médecins lui diagnostiquent une pancréatite aigüe, forçant le groupe à annuler les prochaines apparitions.

Le 1er octobre 2008, le groupe annonce sa dissolution dans le New Musical Express. Carl Barât clôt ainsi le premier chapître de l'après-Libertines avant d'enchâiner sur de nouveaux projets.