Tears for Fears

Naissance

13 Avril 1981, England

Biographie

Formé en 1981 par Roland Orzabal et Curt Smith, le groupe Tears for Fears s'inscrit dans la mouvance new wave qui prédomine alors au Royaume-Uni. Il connaît un succès international immédiat avec les albums The Hurting (1983), dont sont tirés les chansons « Change », « Pale Shelter » et le classique « Mad World », puis Songs from the Big Chair (1985), classé numéro un aux États-Unis, qui apporte les tubes « Everybody Wants to Rule the World » et « Shout » (tous deux classés n°1 outre-Atlantique). En 1989, un virage néo-psychédélique, en réminiscence des années 1960, est amorcé sur l'album The Seeds of Love, certifié triple disque de platine. Le groupe mené par le duo d'auteurs-compositeurs se sépare deux ans plus tard. Roland Orzabal prend alors les commandes du nom Tears for Fears et produit l'album Elemental (1993), un simili-album solo suivi deux ans plus tard par le conceptuel Raoul and the Kings of Spain. Son succès modeste conduit en 2000 à la réunion du duo pour l'enregistrement de Everybody Loves a Happy Ending (2004). Depuis se succèdent les compilations rassemblant les hauts faits du groupe dans Mad World: The Collection (2010), Everybody Wants to Rule the World: The Collection (2013) ou Rule the World: The Greatest Hits (2017).

Les deux membres fondateurs sont nés la même année, en 1961. Ils se sont rencontrés à Bath (Angleterre) lorsqu'ils avaient 13 ans. Tous deux partagent également une expérience similaire de vie familiale monoparentale tourmentée qui a marqué leur enfance et adolescence. Cette précision sociale a toute son importance car elle est à l'origine du nom du groupe et de la plupart des textes de Tears For Fears.

La trajectoire personnelle de Roland Orzabal et Curt Smith crée très tôt chez eux un penchant vers le domaine de la psychologie et de la thérapie, notamment celle proposée par Arthur Janov. Ce dernier s'est fait connaître par la technique du Cri Primal ou Rebirth qui consiste à soigner les troubles comportementaux en remontant à la source de son malaise par le fait de mettre des larmes sur ses peurs (« tears as replacement for fears »). « Shout », le succès le plus connu de Tears For Fears, est un appel à ce cri de libération : « Shout, shout, let it all out » disent les paroles (« cries, cries, laisse tout sortir »). Leur premier album s'intitule « La Blessure » (The Hurting ) où l'on trouve des morceaux comme « Suffer The Children » ou « Mad World ». Ce disque, qui traduit en grande partie le mal être des adolescents sous l'ère Thatcher, a un énorme retentissement au Royaume-Uni et sonne comme un prolongement de The Wall du Pink Floyd. Tout est dit dans la pochette qui représente un enfant prostré.

Tears For Fears se démarque donc de bon nombre de groupes de son époque par le fait d'avoir choisi des textes sans compromis. D'un point de vue musical, le groupe fait ses premières armes dans deux formations successives baptisées Neon et Graduate, très influencées par le post-punk. Mais très vite leur ami David Lord leur montre les possibilités sonores qu'offre un synthétiseur et les introduit auprès de Ian Stanley et Manny Elias (batteur) qui seront respectivement les troisième et quatrième membres de Tears For Fears. La vraie paire créative est néanmoins constituée par Orzabal et Stanley, tous deux claviéristes et compositeurs. Une autre caractéristique dans la répartition des rôles au sein du groupe est de confier la partie chant soit à Orzabal, soit à Smith. L'identification d'un chanteur unique au sein de la formation n'a pas été une option choisie. La tendance se confirmera par la suite lors de l'intégration de la chanteuse soul Oleta Adams au moment de l'album The Seeds of Love (1989).

The Hurting, leur premier album, sort en 1983. le son et le style reflètent leurs influences présentes dans Neon et Graduate, à quoi s'ajoutent des nappes de synthétiseurs. « Mad World » est leur premier succès en single ; suivront « Change » et « Pale Shelter ». Un revirement stylistique va s'opérer avec leur disque suivant. Songs from the Big Chair (1985) est l'album de l'émancipation musicale de Tears For Fears : des compositions plus sophistiquées, des sonorités alliant instruments acoustiques et technologie de synthétiseurs dernier cri, des ambiances tournées vers le jazz (« I Believe »), l'improvisation («The Working Hour »), le minimalisme (« I Believe »), ou la musique concrète (la fin de « Mothers Talk ») et une conception dans l'enchaînement des derniers titres dignes du rock progressif des années 1970.

Cette recherche de musicalité ne se démentira pas dans les albums suivants, à savoir The Seeds of Love, Elemental et Raoul and the Kings of Spain. Voilà précisément ce qui ne permet pas de classer Tears Fors Fears dans la seule catégorie de ses débuts, la new wave. Leurs compositions les apparentent à des groupes où les qualités d'invention musicale ainsi qu'une certaine technique instrumentale sont obligatoires.

Les années 1990 ont vu des mutations s'opérer au sein du groupe. Curt Smith s'en est allé suite à des tensions avec Roland Orzabal. Ce dernier a poursuivi l'?uvre de Tears For Fears à l'occasion des albums Elemental et Raoul and the Kings of Spain. Chacun d'eux a tenté une carrière solo, mais leurs diverses productions n'ont rencontré qu'un succès d'estime. La qualité de leur musique s'en est ressentie également : moins de recherches, plus de choix conventionnels et de redites. Comme souvent, la séparation des membres d'un groupe casse l'alchimie créatrice qui existait auparavant. Si les retrouvailles entre Orzabal et Smith sont orchestrées en 2009 pour faire renaître de ses cendres Tears For Fears, le feu sacré n'est plus présent sur l'album qui en découle, Everybody Loves a Happy Ending (2004). Depuis, dans l'attente d'un hypothétique septième album de Tears for Fears, les compilations se succèdent à un rythme régulier, rassemblant les hauts faits du groupe dans Mad World: The Collection (2010), Everybody Wants to Rule the World: The Collection (2013) ou Rule the World: The Greatest Hits (2017).

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