Aphrodite's Child

Naissance

Greece

Biographie

Groupe d’origine grecque proche de la pop « orchestrale » des Moody Blues et de Procol Harum, Aphrodite’s Child y ajoute des influences méditerranéennes dans le chant et les orchestrations. Ce groupe fondé en 1967 par Vangelis Papathanassiou et Demis Roussos et exilé à Paris n’a pas survi à l’ambitieux double-album concept 666, parus en 1972. Vangelis poursuit une longue œuvre dans la musique instrumentale tandis que Demis Roussos se tourne vers la variété, accédant rapidement au statut de vedette internationale.

Lors de sa constitution en 1967, les membres du groupe Vangelis Papathanassiou (claviers, arrangements), Demis Roussos (basse, chant), Loukas Sideras (batterie et vocaux) et Anargyros « Silver » Koulouris (guitare) ont déjà une carrière de musiciens professionnels derrière eux. Au début des années 60, Vangelis était l’un des fondateurs du groupe pop The Formynx très populaire en Grèce et dont l’originalité résidait dans un répertoire chanté en anglais. De son côté, Demis Roussos avait déjà chanté et joué de la basse dans de nombreux groupes de reprises dont We Five et The Idols.

Le 21 avril 1967, le général Papadopoulos prend le pouvoir en Grèce par un coup d’état. Il devient impossible pour les artistes et musiciens de rester dans leur pays. Contraint à l’exil pour préserver leur avenir artistique, les quatre compères décident de tenter leur chance en Angleterre et prennent le nom d’Aphrodite’s Child, clin d’œil à leur patrie grecque. Passant par la France, le groupe se retrouve bloqué à Paris au moment des événements de Mai 1968. Sans argent, sans domicile et sans concert de prévu du fait des grèves générales, Aphrodite’s Child traverse une passe difficile. Les musiciens décident finalement de rester en France. Détenteur d’un contrat le liant à la branche grecque de Phonogram, Vangelis a l’idée de se mettre en contact avec Pierre Sebero l’un des responsables du label Philips, filiale de Phonogram à Paris. Convaincu par leur démos, il décide de signer le groupe sur Mercury (France) et Vertigo (Angleterre). Le groupe est alors présenté au jeune parolier Boris Bergman qui conçoit pour eux des textes en anglais. En premier essai, Vangelis compose « Rain and Tears » musique adaptée du fameux thème du Canon en ré majeur de Johann Pachelbel. Le chant de Demis Roussos, les claviers très « baroques » de Vangelis sur un fond de pop un brin psyché font de « Rain and Tears » un numéro 1 immédiat dans plusieurs pays européens dont la France.

Très proche de la pop anglaise des Moody Blues, Aphrodite’s Child produit d’autres singles dans un style assez proche comme « I Want to Live », « End of the World », « Spring, Summer, Winter and Fall » et « It’s Five O’Clock ». Le succès oblige le groupe à maintenir un train de tournée soutenu ce qui affecte Vangelis peu adepte des déplacements incessants. Les albums End of the World (1968) et It’s Five o’Clock (1969) font de bonnes ventes ce qui incite la maison de disques à demander à Vangelis d’autres succès. Celui-ci, de plus en plus lassé de la formule pop, souhaite composer des morceaux plus audacieux et expérimentaux. Il cesse de suivre le groupe en concert où il est remplacé par Lakis Vlavianos et préfère se consacrer au travail de studio à l’image du leader des Beach Boys, Brian Wilson.

Il s’attelle à son projet le plus ambitieux à ce jour : un concept album autour de l’Apocalypse selon Saint Jean tirée du Nouveau Testament. Entre composition et enregistrement, le disque intitulé 666 nécessite plus de deux ans de travail. Le livret est écrit par le cinéaste Costas Ferris, la grande actrice Irene Papas participe à « infini » le titre sulfureux qui pose problème et de nombreux musiciens grecs viennent étoffer l’album. Le groupe se disloque pendant l’enregistrement car Demis Roussos et Lucas Sideras ne goûtent guère le style expérimental voulu par Vangelis. Cependant, leurs contributions respectives donnent au disque sa pleine puissance rock.

666, double album sans concession, sort avec un an de retard en 1972. Malgré cette restriction de Philips qui craint un « four » commercial, l’album s’écoule en grande quantité, bénéficiant de la vague naissante du rock progressif. Demis Roussos entame alors une carrière solo plus axée sur la variété qui va lui apporter une reconnaissance mondiale. Vangelis, quand à lui, obtient un succès tout aussi international avec une musique instrumentale sophistiquée sur des bandes originales comme L’Apocalypse des Animaux (1973), Les Chariots de Feu (1981), Blade Runner (82) et 1492, élements d’une œuvre prolifique, assurant également les musiques d’albums d’Irene Papas dont le très beau Odes, en 1988.