Master P

Nom de naissance

Percy Miller

Naissance

Nouvelle-Orléans, Louisiane, United States

Biographie

Un rappeur plutôt mauvais devient effectivement le maître du monde ! Pendant quelques années, Master P règne sur le marché du rap, en l’inondant de ses productions en série du label No Limit. « Sans limite » : le nom du label est une exacte définition de son ambition. En suivant ce précepte, l’homme du ghetto est devenu milliardaire, entrepreneur aux doigts d’or, et la réussite la plus visible de l’univers urbain dans la seconde moitié des années 90.

L’aîné de cinq frères, Percy Miller (né à la Nouvelle-Orléans en avril 1967) quitte sa ville natale et l’université pour aller ouvrir un magasin de disque de quartier à Richmond, en Californie, qu’il finance avec le petit pécule que lui a valu un procès pour erreur médicale ayant amené son grand-père à mourir. No Limit Records devient un label discographique indépendant en 1994, évidemment spécialisé dans le gangsta rap. Le succès est immédiatement au rendez-vous, d’abord avec le trio TRU, qu’il forme avec ses frères C Murder et Silkk tha Shocker, puis en solo.

P comme productivité

Son rap rugueux et agressif, qui préfigure les différents courants qui vont sévir avec succès dans le sud des Etats-Unis dans les années 2000, se vend par pelletées. Revenu établir ses différents business à la Nouvelle-Orléans, il règne en chef de famille sur ses artistes (Mystikal, Mia X, Souljah Slim, Mercedes et quelques autres) ; tout le monde bénéficie des beats usinés à la chaîne par une équipe de producteurs affiliés (Beats By the Pound) et des fameuses pochettes Pen & Pixel au bon goût affirmé. Son coup d’éclat est la signature en 1998 de la déjà superstar Snoop Dogg, en rupture de Death Row Records, qui vient se refaire une virginité avec plusieurs albums chez No Limit, alors au faîte de la popularité. Il enchaîne les albums et les groupes parallèles (TRU, 504 Boys…), ne laissant jamais refroidir l’appétit des fans.

Master... en entrepreneuriat

Businessman dans l’âme, Master P diversifie ses entreprises, créant une division cinéma, une autre pour lancer sa marque de vêtements, une troisième pour manager des sportifs, sans parler de l’immobilier, l’agence de voyage, etc. Master P est un emblème de plus du légendaire Grand Rêve Américain, qui veut que n’importe qui, même en partant du bas de l’échelle sociale, puisse devenir millionnaire. En 1998, le magazine Forbes le classe au dixième rang des entertainers les mieux payés, avec des revenus estimés à plus de 56 millions de $.

Ses films de gangsters, distribués directement en vidéo, lui rapportent énormément d’argent, avec des scénarios d’une minceur extrême et ses amis et lui pour jouer dedans. En quelques années, il a produit huit longs métrages, en a dirigé six et a joué dans une palanquée d’autres, car il obtient des rôles, à cause de sa popularité, dans des blockbusters hollywoodiens, jouant aux côtés de Kurt Russell, Nicholas Cage ou Angelina Jolie. Homme à tout faire, il produit aussi des séries télé, et lance à travers elles son jeune fils, Romeo, qui devient à son tour un rappeur qui écoule des albums par centaines de milliers.

En plus de ces activités multiples, il manifeste le caprice de jouer en NBA et il décroche deux brefs contrats avec des franchises majeures, les Charlotte Hornets et les Toronto Raptors. On suppose que c’est plus en raison de son apport en publicité qu’il est engagé : il ne fait que quelques matches comme remplaçant, mais il joue plus dans des divisions inférieures. Le succès déclinant, les artistes principaux partis ailleurs, il fonde New No Limit Records, puis Take a Stand Records avec son fils Romeo.

Depuis ses débuts d’artiste manager, Master P publie des albums avec une régularité métronomique, et si depuis les années 2000 il ne les écoule plus par millions d’exemplaires, il continue de satisfaire ses fans à grands coups de meuglements.